Une promenade à travers le cimetière de Poblenou 2017-05-18T10:18:31+00:00

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Une promenade à travers le cimetière de Poblenou

PORTAIL D’ENTRÉE

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Important ensemble harmonique, symétrique par rapport à l’axe central et à l’horizontalité marquée. Il est considéré – avec la chapelle située à l’intérieur – comme l’une des plus belles réalisations de Barcelone en matière d’architecture néoclassique. Là, l’architecte a exprimé un langage funéraire moderne. En ressortent des éléments d’origine égyptienne, plus évidents dans les loges latérales. Elles hébergeaient l’aumônier et le gardien. La forme pyramidale de ces constructions n’est pas structurelle mais purement décorative. Le portail a connu trois étapes de construction. Lors de la première, Ginesi a dirigé les travaux des éléments en forme de pyramide qui se trouvent de chaque côté du portail. En 1840, Josep Mas, auteur de la Casa de la Ciudad, a réalisé la porte principale en suivant les plans de Ginesi. Peu après, Antoni Rovira a exécuté les éléments situés aux extrémités.

CAVEAU DE LA FAMILLE NADAL

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Monument surmonté d’un gisant, représentant Josefa García Cubera, veuve d’Antoni Nadal. Il rappelle le monument de la princesse Czartoryski de Varsovie (1837-1844), œuvre de Lorenzo Bartolini. Ce travail d’un grand réalisme est en marbre et le beau traitement des plis des vêtements est particulièrement remarquable, même s’ils ont été érodés par le temps. Ce panthéon commandé par ses filles a été rénové en 1888 par le maître d’œuvre Macari Planella Roura (? – 1899) qui a conservé le gisant. Il a connu une nouvelle rénovation en 1896, dirigée par l’architecte Pelai de Miquelerana de Noriega, qui a ajouté un nouveau sacorphage réalisé par le marbrier A. Estrada, ponctué des bronzes de R. Gelabert et frère. Il fut à nouveau réparé en 1904.
La commande du panthéon témoigne de la préoccupation des filles de la défunte pour en perpétuer le souvenir, ainsi que du grand respect qui lui est montré au fil des différentes rénovations.

MONUMENT AUX MORTS DE LA FIÈVRE JAUNE

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Monument en souvenir des morts de la fièvre jaune de 1821. Il se trouve au croisement des quatre îlots de premier secteur, qui forme une petite place octogonale. Le piédestal est décoré de colonnes et de couronnes de bronze, sur lequel sont disposées quatre plaques de marbre faisant référence à l’épidémie qui frappa la ville. Elle est surmontée d’une croix.
Le premier projet de ce monument fut conçu par Anton Ginesi. Une importante rénovation fut probablement réalisée en 1865, lors de laquelle la croix et le panthéon qui formaient le point central du cimetière primitif furent remplacés par un panthéon et une croix en marbre, plus riche et plus élégante que la précédente. Mais les documents signalent qu’entre 1894 et 1895, l’ancien monument en maçonnerie, conçue à l’époque deA la création du cimetière par Antoni Ginesi, fut démonté et remplacé par un autre reprenant le modèle précédent mais avec un socle plus haut, conçu par l’architecte municipal Leandre Albareda Petit (1852-1912) qui dessina et dirigea les travaux du cimetière de Montjuïc. Il a été construit par Antoni Mora Bordas en pierre de Montjuïc de deuxième catégorie, connue sous le nom de «blancacha».

TOMBE D’ANTONIO BRUGUERA

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Petit temple de style néoclassique qui conserve un sarcophage aux éléments nobiliaires, réalisé en marbre en 1850. Les intéressantes inscriptions de la frise – « Ici reposent les cendres de M. Antonio Bruguera y Marti / mort à Cadix le 7 août 1846 à 24 ans / son épouse Mme Amelia de Vilanova de Bruguera / les fit transférer dans ce monument bâti à sa mémoire » et « La mort qui détruit tout, ne pourra jamais effacer, Ô ombre aimée ! ! le souvenir de l’amour d’une épouse qui t’adorait » — traduisent clairement l’objectif de ce monument : l’exaltation de la mémoire du défunt et la perpétuation de son souvenir, sentiment si apprécié à l’époque romantique. Il y a une attitude nostalgique autour du culte de l’humain, vis-à-vis de la mémoire de la personne disparue. La réparation de 1907 a été dirigée par l’architecte Joaquim Bassegoda Amogó (1854-1938).

EL SANTET

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«El Santet», nº 138, niche intérieure centrale. Inscription : « Propriété funéraire de Francisco Canals / Francisco Canals Ambrós, mort à 22 ans et 2 moisA / +27 juillet 1899 ».La dévotion faite au Santet commença l’année de sa mort. Les dévots du Santet croyaient que Francesc Canals, si charitable de son vivant, continuait à aider ceux qui en avaient besoin en intercédant auprès de Dieu en leur nom.En remerciement aux faveurs qu’ils obtenaient, les dévots ont construit un autel improvisé et y déposaient les mêmes offrandes que les hommes et les femmes de l’Antiquité faisaient aux dieux : exvotos, lampes, cierges, images.

FAMILLE DALÍ

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Famille Salvador Dalí, l’un des principaux représentants du surréalisme, a été étroitement liée à la ville de Barcelone. Grand-père, Dalí et Vinas, né en Cadaqués, ont décidé d’émigrer à Barcelone en 1881 avec toute la famille à chercher un avenir meilleur pour leurs enfants. Il était entre les villes de Barcelone et Figueres, où Dali et Domènech familles ont fait leurs racines familiales. L’inhumation a été initialement détenue par Galo Dalí, comme on le voit dans l’inscription sur le côté gauche de la pierre tombale.

Salvador Dalí est mort en 1989 dans sa ville natale, Figueres, et a été enterré dans la crypte de sa maison, le courant Théâtre-musée Salvador Dalí.

LA CHAPELLE

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Au-dessus d’un important soubassement décoré d’éléments néogothiques, se dresse une croix monumentale en marbre gris, œuvre de Marsili, dont la partie centrale porte un médaillon du visage du Christ. Aux extrémités de la croix, se trouvent des anges et dans la partie inférieure, des éléments en bronze de grande qualité autour d’ornements végétaux, des fleurs de pavot et des dragons. Sarcophage en bronze sur la partie avant, avec d’intéressantes frises, des poignées et une rambarde en fer en faisant le tour. Cette œuvre est due au célèbre architecte Josep Vilaseca Casanovas (1848-1910), figure esAsentielle du prémodernisme catalan, également bon dessinateur et aquarelliste, comme en témoigne le beau projet de ce panthéon réalisé en 1880 et terminé en 1884. Entre autres nombreux travaux, il fut l’auteur du célèbre Arc de Triomphe, inauguré à l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone de 1888. La chapelle se trouve au bout de l’allée principale et ferme le secteur I. Elle fut conçue par Antonio Ginesi en 1818. Il s’agit d’une œuvre néoclassique devancée et entourée d’un portique soutenu par des colonnes et revêtu de marbre. La façade se termine par un double fronton ponctué d’éléments symboliques égyptiens, inédits dans la tradition classique gréco-latine : au centre, l’ouroboros – serpent qui se mord la queue – symbole d’éternité. En surimpression, dans l’architrave, figure l’inscription : Defunctorium quiets et solatio sacrum. La chapelle accueille la dépouille de Bonaventura Carles Aribau, d’Antoni Campmany et d’Antonio Ginesi. Sur l’un des côtés de l’autel figure l’inscription «Reconstruite en 1939», année d’une importante rénovation.

PANTHÉON DESSINÉ PAR L’ARCHITECTE JOAN NOLLA

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Une colonne décorée d’éléments classiques et de motifs floraux se dresse sur un important piédestal. Dans la partie supérieure, la figure du Christ ressuscité porte le symbole de la croix et une plaque sur laquelle une inscription s’est effacée au fil du temps. Dans la partie supérieure également, un ange tient d’une main la trompette du Jugement dernier et de l’autre pointe le ciel. Signalons le traitement naturaliste que les sculpteurs ont donné aux vêtements des statues. La grille qui entoure le panthéon est décorée de brûle-parfums et de bouquets de fleurs de pavots, symbole du sommeil éternel. Il s’agit de l’une des œuvres les plus monumentales du cimetière, réalisée par l’architecte Joan Nolla en 1861. Deux ans plus tard, en 1863, il se voit ajouter les sculptures de l’atelier des frères Vallmitjana, date à laquelle ils réalisèrent également les figures allégoriques de la façade de la Banque de Barcelone, des travaux qui étaient habituellement réalisés, pour une question de prestige, par des sculpteurs italiens.

PANTHÉON MODERNISTE D’ENRIC SAGNIER

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Panthéon moderniste de 1907 qui témoigne de l’entrée d’un nouveau style au cimetière de Poblenou et contraste avec la plupart des œuvres qui l’entourent. Projet et maîtrise d’œuvre furent à la charge de l’architecte d’Enric Sagnier Vilavecchia (1858-1931), auteur de célèAbres œuvres comme le temple du Tibidabo et de nombreuses maisons bourgeoises de l’Eixample. Il coûta 20 000 pesetas et ses travaux s’achevèrent en octobre 1908. L’architecte utilisa, comme pour d’autres œuvres du cimetière de Montjuïc, un fronton à échelons et un obélisque couronné d’une croix dont les bras sont en forme de triangle isocèle. Arrêtons-nous sur la grande qualité du marbre, sur l’ogive de la porte de la crypte et les travaux ornementaux minutieux des formes végétales, mieux conservés dans la partie arrière du monument. Les croix de même forme se répètent en relief aux extrémités latérales.

PANTHÉON CONSTRUIT PAR PERE BASSEGODA MATEU

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Panthéon construit aux alentours de 1880 par le maître d’oeuvre Pere Bassegoda Mateu (1817-1908). Il occupe une surface importante, sa façade est très large. Le groupe sculptural de la partie centrale s’en détache légèrement en retrait vers l’intérieur. Travail du sculpteur génois Fabiani (1835-1914) qui représente un ange qui emporte une femme, l’âme du défunt. Ce modèle du même sculpteur est reproduit dans plusieurs cimetières italiens. La tombe Pargaglioni de Gênes datée de 1884 en est un exemple. Le travail ornemental est intéressant de par les figures cruciformes et les fleurs de pavot de la rambarde en fer qui l’entoure.

PANTHÉON DE JOSEP ANSELM CLAVÉ CAMPS

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Panthéon du musicien, poète et homme politique Josep Anselm Calvé Camps (1824-1874). Monument dessiné en 1874 par l’architecte Josep Vilaseca Casanovas. Le buste est l’œuvre du sculpteur Manuel Fuxà Leal (1850-1927), auteur de nombreux monuments publics de Barcelone, directeur de la Lonja et président de l’Assemblée des Musées de Barcelone. Il fut élevé grâce à une souscription populaire et inauguré en 1876.
Ces mêmes personnes, sur souscription également, réalisèrent en 1888, le monument qui se trouve actuellement Passeig Sant Joan. La rambarde en fer décorée des quatre barres fut dessinée par l’architecte, historien et homme politique Lluís Domènech Montaner (1850-1923). Celui-ci, à l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone de 1888, construisit les premiers ouvrages qui le rendirent célèbres, comme le Palau de Ala Música (1905-1908) et l’Hôpital de Sant Pau (1902-1912).
La rénovation du marbrier Roberto Passani entre 1948 et 1950 remplaça le socle de la sculpture par une autre en bronze. Clavé était ami avec Valentí Almirall, qui se trouve dans la niche nº 36 de ce même secteur, ainsi qu’avec Narcís Monturiol qui se trouvait dans la niche nº 586, à l’intérieur de l’îlot 1, secteur 1.

PANTHÉON CONSTRUIT PAR L’ARCHITECTE MARIANO DE THÓS DE BOFARULL

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Panthéon qui occupe l’ancien emplacement d’une chapelle inachevée qui disposait d’une crypte et fut rendue à la mairie en 1904. Son propriétaire précédent réalisa un échange avec le cimetière de Montjuïc qui suscitait alors tant d’intérêt.
Le panthéon actuel a été conçu par l’architecte Mariano de Thós de ABofarull en 1907. Il est l’un des rares exemples modernistes de ce cimetière, un style qui fut si caractéristique de la nouvelle nécropole pendant ces années. Un ange aux traits féminins aux grandes ailes déployées veille sur la tombe et, avec une expression sereine, tient une palme, symbole du triomphe de la vie éternelle sur la mort.
Derrière l’ange, se trouve un socle à colonnes de marbre rose sur les côtés, avec des inscriptions à la typographie moderniste. À l’intérieur du fronton triangulaire, peu visible, un ange montre un livre portant les dix commandements de la loi de Dieu. Sur les côtés, deux anges, dans un geste de recueillement, portent une croix et une ancre, symboles de la Foi et de l’Espérance.

PANTHÉON CONSTRUIT PAR LES MARBRIERS D’ANDRÉS ANGLADA.

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Panthéon spectaculaire réalisé en marbre de Carrare par les marbriers d’Andrés Anglada Calzada en 1866. La presse de l’époque en souligne la différence, notamment du fait de la grande qualité de ses matériaux, les plus chers de l’époque (il coûta 60 000 escudos). Il s’agit d’un petit temple éclectique qui accueille l’image de la Religion, accompagnée de quatre personnages symboliques de taille réelle tout autour. Ce panthéon témoigne clairement qu’au moment de sa réalisation, les personnes occupaient parmi les morts, la place qu’ils avaient parmi les vivants.

CROIX CELTIQUE

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Croix monumentale d’influence celtique sur un emplacement qui fut une fosse commune. Décorée de reliefs aux lignes entrelacées, d’éléments végétaux et d’une croix en son centre, elle fut dessinée en 1887 par Leandre Albareda Petit (1852-1912), architecte du cimetière de Montjuïc. L’œuvre réalisée en pierre calcaire de Girona, fut construite par José Palmada Ricart, avec un budget de 20 999 pesetas en 1888.

LE BAISER DE LA MORT

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Le célèbre ensemble en marbre « le baiser de la mort » fut conçu par le marbrier Jaume Barba en 1930. Cette œuvre surprenante est l’un des plus connues de ce cimetière. Il représente la cruauté de la mort sous la forme d’un squelette ailé, qui envoie l’âme d’un jeune homme vers l’au-delà, en l’embrassant. Le sujet est glosé par quelques vers du mestre Cinto : « Son jeune cœur n’en peut plus, / dans ses veines, son sang cesse de couler et se fige / et son souffle perdu embrasse la foi / en se sentant tomber sous le baiser de la mort ».

FAMILLE PICASSO

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Dans ce tombeau, il est enterré la famille du célèbre peintre Pablo Ruiz Picasso. Né à Malaga en 1881, seulement 14 ans il installe avec sa famille à Barcelone, par le travail de son père José Ruiz Blasco, qui était professeur de peinture. Il était à Barcelone où Picasso a étudié une grande partie de ses études de peinture, en particulier dans l'”Escola de la Llotja” et est venu un peintre de premier plan dans le monde entier pour être l’un des créateurs du Cubisme.

Picasso est mort en 1973 à Mogins, France, et ses dépouilles mortelles reposent dans les jardins du château de Vauvenargues.